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Aux passants que nous sommes – Michel Diaz – Rieja van Aart (octobre 2013)

 

gardien IVAUX PASSANTS QUE NOUS SOMMES

Ed. La Simarre -Christian Pirot (octobre 2013)

Photographies, Rieja van Aart
Textes, Michel Diaz

Note liminaire de Martin Decrouy

« Morceaux d’étoffes, lambeaux d’animaux, ossements, plumes, mue de serpent, pinces de crabes, feuilles d’arbres froissées, matières organiques, débris de branches, de plastique, reliquats harassés offerts par le hasard, la rapine et le dépeçage, bribes, fragments, rognures, assemblages de choses qu’on aurait envie de dire parfaits tant les choix qui ont présidé à tisser entre elles ces liens de connivence, à consolider ces architectures où rien ne semble pouvoir être ajouté, rien retiré non plus, les ont dotées d’une présence d’immuable beauté.
… Chemin propice à l’âtre d’une escale méditative, qui dévoile un peu plus nos visages. C’est ce que ces images nous proposent encore, mariant la lumière à ce fer qui nous brûle, notre conscience d’être au monde, passants parmi les êtres et les choses, ni davantage ni moins qu’eux soumis aux mêmes lois de vivre et disparaître. D’occuper un espace de temps avant que de nous effacer. » (4ème de couverture, extrait du texte de M. Diaz)

 

Extraits du texte :

        * Glissement de lumière d’où émerge ce sentier bas où le silence va. Aucun sommeil ici ne menace  les souffles de ceux qui sont passés. Aucun bruit ne peut interrompre leur marche vers le mutisme du secret, comme s’ils appartenaient à l’oubli du temps.

          Election de la nuit, figure messagère, spectre qui donne corps à ce qui n’a pas voix, qui ne se peut non plus nommer, mais se dérobe tel un rêve au bout des mains qui voudraient lui offrir le refuge de leur hospitalité.

          L’ayant vue apparaître, la voyant s’avancer au revers de toute parole, nous savons qu’avec elle le jour se prolonge autant que le chemin. Qu’avec elle, nous partageons pourtant le bruissement des feuilles et la solitude du vent qui rend plus fraternelle encore son errance. (p. 36) 

          * Ces choses sont là, devant nous, comme des miroirs déjà traversés, car habitantes de leur propre profondeur, ci-gisent leurs reliques mémorables.

          Mais renaissantes des confins qui devaient les ensevelir, elles sont là, posées à la lisière du regard, et nul n’est plus insistant qu’elles à se tenir ainsi, entre ici et ailleurs, comme s’interpose un rocher entre sable et écume, entre flux et reflux d’une obstinée hantise à se survivre à elles-mêmes, et en dépit de tout.

          Et nul plus insistant non plus à se dresser obstacle entre la présence et l’oubli, érigeant douane de silence à toutes limites où s’en revient finir cette inlassable vague dans laquelle toute chose sombre, en fin de compte, succombe et s’abolit. (p. 49)

Aux passants couverture

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Format 21x23cm, 72 pages
Papier Ivory mat 200gr, finement tramé.

Couverture pelliculée mi-rigide 350gr. 
Carnets in quarto cousus, dos encollé,
19 pages photos, tirage quadrichromie. 
Prix de vente public (libraires, salons, expositions), 25 €
ISBN : 978-2-36536-028-9

Bibliophilie : l’impression de cet ouvrage d’art comprend un tirage de tête constitué de 25 exemplaires numérotés de 1 à 25, signés par les auteurs, accompagnés d’une photo originale de l’artiste (~ 40×60 cm) pour les numérotés 1 à 10 : prix : 220 €. Pour les numérotés de 11 à 25 : 50 €.

 

Juste au delà des yeux – Michel Diaz – Pierre Fuentes (mai 2013)

 

 

         JUSTE AU-DELÀ DES YEUX, images de Pierre Fuentes, textes de Michel Diaz 

Editions Christian Pirot, Joué-Lès-Tours, 2013

     Extraits de l’ouvrage

Solitaire

elle se tient là

dans le temple pur du silence

présence radiante

jumelle de la lune pleine

de l’énigmatique matière des rêves

accordée avec l’univers

étoilée de sa résonance

à ce moment précis de l’aube

où s’immobilise sur l’horizon

la balance exacte du temps

                                                                           (Courgette, p. 18)

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Fruit tombé de la branche

comme un astre obscurci de vertige

sa lumière nous fut parfum

source de couleurs qui abondent

Mais d’où venu ?

sinon de bien plus loin que les profondeurs du sommeil

et déjà retourné au velours de l’amoureuse nuit

qui tient entre ses mains

le cercle imperturbable

du recommencement

                                  (Pomme noire, p. 50)

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Lampe frêle

veillant au seuil de la pénombre

sur ce qui lentement s’avance

nous parlant d’une voix sourde et pure

Nul oiseau pour venir piller

un trésor si fragile

ni tintement de l’heure

sur le cristal du temps

Lampe tendre

veillant comme un fruit

à jamais réfugié sous les branches

de la dernière nuit

donnant à voir le livre ouvert

sur ce qui se consume

avant que d’être lu

                                                (Poire rouge, p. 70)

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Cristaux de nuit – Michel Diaz (avril 2013)

 

Quatrième de couverture :

      Le thème qui rassemble les textes réunis ici est celui de la langue même, son désir de traduire en mots ce qu’il faut arracher au silence. « Toute parole tue est reposoir d’obscurité », écrit l’auteur dans sa préface en citant René Char. Ainsi, les pages consacrées au fleuve nous ouvrent un imaginaire poétique où la parole nous invite à questionner l’apparence du monde, à écouter au fond de nous le murmure des mots d’avant toute parole et le temps d’avant toute mémoire. Cette parole s’essayant encore, en d’autres pages, à épouser le mouvement de la pensée dans les tâtonnements de l’acte poétique, les vertiges de son errance, nous entraîne dans les dédales de son cheminement, au bord de l’indicible même où toute langue se dissout, tout langage s’effondre.

Poésie qui questionne et qui se questionne, cette démarche est celle d’un poète dont l’écriture, qui peut être solaire ou plus sombre, lyrique et sobre tour à tour, s’attache à cerner l’essentiel de ce que lui ouvre sa quête.

Extrait du recueil :

 Il y a dans le cœur de terribles labours

pareils à ceux de la tempête acharnés sur la mer

il y a tant de sang confus au fond  des yeux

que les jambes parfois titubent sur la route

 

où sont les mains tant espérées

si douces à la nuque aux hanches si brûlantes ?

les mots tressés

comme des lianes à la branche des jours ?

les jours peuplés de feuilles

et les feuilles de nids ?

 

les heures vont pourtant

creusant leurs traces de glacier

le gris du ciel grince aux lucarnes

chaque aube doit lutter contre un nœud de nuages

 

où aller cependant

malgré les certitudes qui s’effondrent ?

sinon vers moins d’impatience moins de harcèlement

moins de cris discordants au bord des puits stériles

au fond desquels veillent les monstres ?

où sont les mains tant espérées ?

 

qu’espérer d’autre que des yeux

aptes à déchiffrer la pluie

des paumes transparentes au soleil

un battement de cœur qui se satisfait d’exister ?

 

il faudrait tout bas épeler

la nuit et l’eau qui se donne

la respiration de la lampe

le chat qui dort le chien qui rêve

la paisible araignée qui tisse le silence

où sont les mains tant espérées ?

 

l’ombre qui me regarde s’accoude à la fenêtre

y découpe la face du ciel

y imprime l’haleine de l’hiver finissant

 

brûlante note de hautbois

le cri d’une effraie troue

la vitre comme une étoile

 

il y a dans le cœur de terribles labours

il y a tant de sang confus au fond des yeux

mais dites-moi :

où sont les mains tant espérées ?

Cristaux de nuit - Couv 001