Archives de catégorie : Principaux ouvrages publiés

Offrandes – Michel Diaz/Olivia Rolde (septembre 2020)

« OFFRANDES – OLIVIA ROLDE »
Peintures : Olivia Rolde – Textes : Michel Diaz
Préface : Daniel Leuwers
Editions : Thi Lùu

OFFRANDES : 1ère et 4ème de couverture + rabats 1 et 2

Format 21 x 21, 116 pages, couverture 350gr semi-rigide avec rabats, papier silke demi-mat 150gr, cahiers cousus, 40 reproductions de toiles, 40 pages de texte, plus annexes, préface de Daniel Leuwers.

Le Verger abandonné – Michel Diaz (août 2020)

1 de couv le verger abandonne
Couverture : Photographie © Pierre Fuentes
Format 18 X 14 cm — 70 pages ISBN : 979-10-90536-42-5
Éditions Musimot —19 route d’Escurolles — 03800 Le Mayet d’École Tel : 06 31 99 56 40 courriel : musimot.43@orange.fr Site : http://musimot.e-monsite.com

[…] L’Ulysse de Michel Diaz ne reviendra pas, il n’accomplira pas son destin premier de tuer les prétendants et de reprendre sa place au foyer avec son épouse et son fils, proche de son père et de ses arbres. Il n’a pas fait un long voyage avant de retourner « plein d’usage et raison / Vivre entre ses parents le reste de son âge » comme l’a écrit Joaquim du Bellay. Mais peu à peu, au fil du cheminement, les contours de son monde intérieur s’effacent, et bientôt il ne reste rien de son identité première ni même de ses raisons d’être, sinon un renoncement progressif, une volonté de faire de son exil une errance perpétuelle au bord du monde dans la tentation de n’être plus personne.« Le lieu véritable est-il dans l’absence de tout lieu ? Le lieu, justement, de cette inacceptable absence », nous dit Edmond Jabès. Telle est l’incise du texte de Michel Diaz de laisser dans l’esprit du lecteur un étonnement, un déséquilibre qui en fait tout le prix.

Et c’est ce trouble, provoqué par son traitement inédit de l’image du principal héros de L’Odyssée, que Michel Diaz exploite poétiquement pour soulever l’éternelle question, primordiale et inépuisable, de notre relation au monde et du sens de nos existences.

Extrait de la préface de David Le Breton

EXTRAIT
[…] Car nous venons au monde les mains vides et nues, nous n’y sommes que les passants, les hôtes provisoires, rien ne nous appartient jamais, nous ne possédons jamais rien, et nous devons en repartir, quand il en est encore temps, aussi pauvres qu’au premier jour, mais riches du bonheur d’avoir été de ce miracle qu’est toute existence sur Terre et de ce qu’y cultive l’amour, rendre alors, de ces mêmes mains, pour prix de l’hospitalité, le salut apaisé de la gratitude. […]
Septième lettre à Pénélope (Extrait)

Comme un chemin qui s’ouvre – Michel Diaz (mars 2019)

COMME UN CHEMIN QUI S’OUVRE,  Michel Diaz
éditions de L’Amourier, mars 2019
Michel Diaz  Comme un chemin qui s'ouvre

Prix : 14,00 € 13,30 €

Quantité : 
EAN : 9782364180536
Format 14,5 x 20 centimètres
130 pages
Couverture quadrichromie
Reliure dos carré collé
Collection “ Fonds Poésie ”
ISSN : 2117-5470
Dépôt légal 1er trimestre 2019

Biographie et bibliographie de l’auteur

Propos du livre

Ces textes se sont invités à mes marches en solitaire, écrit Michel Diaz dans son avant-propos. Marches entreprises sans contrainte, mais dans une inattendue et urgente nécessité, et qui, de soi à soi, finalement, se révèle être un lent retour. Avec un autre visage.
Les marches de Michel Diaz l’arrachent toujours à ce qu’il y a d’orienté, de connu dans les déplacements, les simples promenades. L’auteur dit être pris, en marchant, dans un rythme qui ouvre l’air à l’espace. Alors émanent dans le souffle les fulgurances de l’imprévisible, les tremblements du corps, le lancinement d’anciennes douleurs refoulées dans les soutes de la mémoire. Il faudra s’enfoncer dans de longs silences pour qu’une parole, inaudible rumeur, advienne en poésie…

Extraits

De la mer, on peut voir la coquille ronde des vagues et, de la houle qui les porte, à fleur de râle, l’épiderme rugueux raboté par le souffle du vent.
Du haut de la falaise on peut compter, à sa surface, les miroirs, croquis et tatouages éphémères continuellement réinventés par les rayons obliques du soleil.
L’air est si bleu, si lent le ciel, que mouettes et goélands se fanent en plein vol, au sommet de l’instant qu’on a cru arrêter.
Appas de jour, doigts de lumière, lèvres d’écume, plaques d’azur étalé sur une poitrine qui, à coups lents, respire comme quelqu’un se tient aux portes du sommeil.

Dans cet entre-deux de conscience, on saisit le corps mal­léable d’un temps qui s’abandonne, on laisse son baiser s’imprimer sur nos lèvres, sans rien atteindre de sa vérité ni de son intime substance.

*

Au nord se brise le tranchant de la vague écumeuse. Du silex à fleur d’eau, un bouillonnement d’écueils ensablés.
Fusion du ciel et de la mer. Le vent fait son travail, soulage les creux des vagues, la pointe des roches mordues par le sel de la soif.
Des vagues de lait se succèdent. La chair meurtrie des côtes porte les cicatrices de leur effroyable labeur. Quel en est le sens pour les flots qui continûment la harcèlent ?

Je suis ici sans pouvoir bouger ni guérir, lourd du plomb d’un secret qui ne se révèle jamais, seulement sidéré par la clarté du jour.
Près de moi, la mer, plus riche que tous les autres langages. À elle seule, tous les mots, toutes les chansons, toutes les larmes et tous les cris !

La roche vivante reçoit dans son lit la vivante rumeur de l’insaisissable, et sa peau visqueuse n’est plus qu’une plaie, effilée et grinçante.

Comment peut-elle, la mer, en son impermanence, semer autant d’écume sur les îles inertes de ma peau et gaspiller un si grand souffle pour nous soulager du malheur de ce que l’on soupçonne, et peut-être jalouse, de l’éternel ?

*

En bas, monticules et dunes.
Le creux des roches, orné de muscles, s’ouvre sur le vide du ciel. Engendrement furieux de lichens et de schyzopodes. Un seul geste allié à un seul mouvement : glisser ses doigts dans l’eau stagnante où se fond l’azur du silence, se pencher vers plus d’inconnu, jusqu’à toucher le fond de son regard.
Dans les trouées pleines de bave, les cheveux des oscillaires balayent le visage.
Des poissons font le tour du rocher gris qui s’endort, les araignées de mer s’échappent des cages enfouies dans le sable brun et secouent leurs ailes velues.

Chuintement de la marée montante. Lenteur de l’air où l’on se défait doucement de l’inconsolable douceur d’appartenir au temps. Je me tapis en profondeur et j’écoute le souffle rond de la mer qui sourit, à la surface, aux marins disparus. Ceux-là qui, dérivant dans les courants tranquilles, n’auront jamais que cette sépulture et cet horizon de paix sans limite.

*

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