Archives de catégorie : Principaux ouvrages publiés

La source, le poème – Michel Diaz/Lionel Balard

Textes de Michel Diaz, gravures sur bois de Lionel Balard, édition courante, éditions Les Cahiers des passerelles, mars 2021 (70 ex.)

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Gravure sur bois de Lionel Balard

Extraits du texte :

frondes vert pâle des fougères, flammes jaunes des iris d’eau

suintement de source avare, bégayant dans son cercle de pierres, un ruisselet aveugle, ses errements dans l’herbe, tâtonnant parmi les orties, le détour d’un temps suspendu

un instant de la vie qui se rêve, de l’instant qui s’écrit

le risque d’une unique voix que personne ne peut entendre

* * *

née du roc et soustraite à la nuit

verte et sombre sous la voûte des arbres, taraudant ce retrait de jour seulement habité du discours invisible des passereaux

déjà s’éclaire d’un scintillement parjure, glisse, s’avance dans l’entaille, à peine une échancrure dans la terre, une pincée de sable pauvre pour quelques poignées de gravier

son murmure de clair silence, un défi à la langue des hommes

– retenir la respiration, de crainte d’éloigner ce qui se joue, fugace, entre les lèvres de la pierre et dans l’entrelacs des racines

Vers l’étoile du soir – Michel Diaz/Jean-Michel Marchetti

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Peinture de Jean-Michel Marchetti

Vers l’étoile du soir, textes de Michel Diaz, peintures de Jean-Michel Marchetti, éditions Les Cahiers du Museur, collection « Connivences », 2021 (13 ex.)

« Vers l’ étoile du soir », textes de Michel Diaz, illustrations de Jean-Michel Marchetti, éditions Les Cahiers du Museur, collection « Connivences » (2021), sous la direction d’ Alain Freixe. L’édition de cet ouvrage compte 4 tirages de tête signés et numérotés de I à IV enrichis d’une peinture de Jean-Michel Marchetti et d’un poème manuscrit par Michel Diaz, et 9 exemplaires en édition courante, numérotés de 1 à 9, format 21×15 cm, imprimé sur papier Moulin du coq grain torchon 325 gr.

Extrait du texte :

V. assis au bord du soir

dans l’herbier de ses jours, il a épinglé quelques feuilles de hêtre, déposées par le vent sur le seuil de sa porte, il a rangé sur sa poitrine un petit carré bleu de ciel et fourré dans sa poche quelques mots juste nés, de ceux-là qui guérissent du malentendu des murmures et battent délicieusement dans la chair de leur ombre, comme fait le délire ou la fièvre

assis au bord du soir, il écoute en silence craquer les articulations du temps et, à chaque seconde, s’affirmer un peu plus l’oxydation du monde, mais il a quelques mots enfoncés dans sa poche, venus du fond de la mémoire, de l’aube d’une langue cristalline, une langue perdue, oubliée, comme on a rejeté dans l’oubli les fragments d’un miroir brisé que l’on ne pourra jamais recoller

des mots pourtant bons à semer, mais sans espérance d’aucune récolte, sinon ce tremblement au bord des lèvres pour essayer de dire le duvet d’une lumière errante sur la joue de l’herbe ou la splendeur d’un champ de tournesols, et dire de leurs fleurs le moindre mouvement pour suivre, sans baisser la tête, le regard fixe qui les brûle

cela, il ne sait pas le dire, peut-être seulement l’écrire, peut-être seulement, comme on balaie les feuilles et ratisse le sable des lentes allées de l’automne

La source, le poème – Michel Diaz/Lionel Balard

La source, le poème : porte-folio numérotés de I à IV, publiés aux Cahiers des passerelles, gravures sur bois de Lionel Balard, juin 2020

Gravure sur bois de Lionel Balard

Extraits :

frondes vert pâle des fougères, flammes jaunes des iris d’eau

suintement de source avare, bégayant dans son cercle de pierres, un ruisselet aveugle, ses errements dans l’herbe, tâtonnant parmi les orties, le détour d’un temps suspendu

un instant de la vie qui se rêve, de l’instant qui s’écrit

le risque d’une unique voix que personne ne peut entendre

* * *

née du roc et soustraite à la nuit

verte et sombre sous la voûte des arbres, taraudant ce retrait de jour seulement habité du discours invisible des passereaux

déjà s’éclaire d’un scintillement parjure, glisse, s’avance dans l’entaille, à peine une échancrure dans la terre, une pincée de sable pauvre pour quelques poignées de gravier

son murmure de clair silence, un défi à la langue des hommes

– retenir la respiration, de crainte d’éloigner ce qui se joue, fugace, entre les lèvres de la pierre et dans l’entrelacs des racines

Offrandes – Michel Diaz/Olivia Rolde (septembre 2020)

« OFFRANDES – OLIVIA ROLDE »
Peintures : Olivia Rolde – Textes : Michel Diaz
Préface : Daniel Leuwers
Editions : Thi Lùu

Offrandes Olivia Rolde
OFFRANDES : 1ère et 4ème de couverture + rabats 1 et 2

Format 21 x 21, 116 pages, couverture 350gr semi-rigide avec rabats, papier silke demi-mat 150gr, cahiers cousus, 40 reproductions de toiles, 40 pages de texte, plus annexes, préface de Daniel Leuwers.

Extrait du texte :

écrire, peindre
il ne s’agit au fond que de déplacer le regard et de creuser l’écart,
d’éveiller quelque chose pour appeler à faire monde avec le monde
et à faire monde avec l’autre
la venue du mot sur les lèvres et de la couleur sous les doigts,
dans l’affrontement au blanc initial, ce si étrange blanc,
non pas la mort sous les paupières closes, mais creuset d’on ne sait
d’abord quoi
ce qui dit quelque chose où se révèle du réel la prime nudité,
la dernière innocence qui assure leur raison d’être,
cette langue agitée par le fond, ce corps à corps des mots vivants,
ce cœur à corps où va la main, son geste délesté de toute servitude
lieux de l’abrupt du sens et de tension du monde dans la chair
palpitante de sa matière où s’entend et se lit quelque chose
qui les submerge
cri origine et souvenir d’effroi,
ce sursaut-là, ce soubresaut, cette entaille dans la pensée,
soudain ouverte dans la nuit de la parole,
ce qui, comme un éclat de jour, fissure la pénombre,
ouvre l’œil à lui-même et rend le mot à son premier silence
pour y creuser l’espace qui nous élargit
13 –
Olivia Rolde 2

de tourbe
de cailloux de sable
de racines d’écorce de sève
de ronces d’arc-en-ciel de nuages

de rameaux convulsifs
de feuilles pourrissantes sous des lunes amères
et de miroitement d’étangs éblouis de clarté
de flexion d’âme d’agonie glaciaire

de lichen de vase d’eaux sales
de noces indécises et d’oiseaux de glaise
de soleil blanc d’étoiles mortes
de plaintes telluriques
et de pierres vives

de chemins traversés
de vent et de vols de ramiers
d’éclairs calligraphiques et de songes furtifs
de moellons muets et de remparts aveugles

d’échos de mer
d’algues visqueuses
de stridences de sauterelles
de chants barbares et de cris d’exil

d’appels de fond d’entrailles
d’yeux coulés dans la chaux
de nerfs de sang et d’os

— être devant
et être tout ce qui est

comme un pauvre parmi les pauvres
dans l’offrande du jour immense

comme une branche est dans le feu