Plus rien que le blanc dans la nuit

Note de lecture de Jean-Pierre Boulic

Michel DIAZ

Plus rien que le blanc dans la nuit

Linogravures de Pierre Jourde
Cahier des Passerelles n° 50 (2026)

Note de lecture à paraître in Poésie sur Seine

L’art poétique de Michel Diaz s’est récemment exprimé à partir de rencontres qui mettent en émoi la sensibilité de l’homme. Il en était ainsi précédemment, à titre d’exemples, avec le peintre Francis Bacon et son autoportrait ou encore Léon Bralda dans un riche et puissant dialogue « Au risque de la lumière ». Peut-être est-ce là une manière d’approfondir cette quête indispensable que chacun peut mener vers l’essentiel…

L’opus « Plus rien que le blanc dans la nuit », qu’il nous confie maintenant, vient enrichir cette source d’inspiration : un poème de feu Julien Bosc (poète à redécouvrir) lui offre une opportune méditation en prose poétique sur la raison de l’écriture dans une aventure humaine confrontée à tous ses aléas. Elle insiste sur la responsabilité du poète : si en écoutant Julien Bosc « rien n’a été dit », Diaz pense justement alors que « nous avons tout à retrouver, par-delà le silence même ». Cela prouve que nous ne sommes pas confrontés au néant, mais peut-être au vide de la solitude, de l’exil voire de l’enferment sur soi, et aussi à « ce creusement dans la présence au monde ».

Sans faire abstraction du « désastre en soi », il y a à chercher le « pays d’indécises clartés » et, comme pouvait l’écrire Gérard Bocholier « sans répit, continuer pour tenter d’atteindre – un jour ? – ce qu’on ne voit pas » (Les nuages de l’âme). Avec Michel Diaz, toujours advient l’écriture et « sur la pierre angulaire de la parole » se bâtit « une autre dimension du monde » simplement éclairée du soleil de la vie.

L’itinéraire est difficile, parfois accidenté ou semé d’échecs, mais toute existence est unique et, à ce titre, mérite d’être reconnue, comme doit l’être celle de Julien Bosc. Michel Diaz éclaire et donne sens à un parcours humain tout en livrant une réflexion sur la naissance du poème et son expression.

Les gravures de Pierre Jourde, qui accompagnent le poème, donnent l’impression de s’incruster dans le noir et blanc de la page, autrement dit d’incarner le texte du poète.

                                                            Jean-Pierre Boulic

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