Lichen, revue de poésie – Numéros 14 & 15 (mai – juin 2017)

Lichen n° 14

Michel Diaz, 2 poèmes sans titre extraits de la suite Dans l’inaccessible présence

Comment dire
usant de quel mots
à ceux qui viennent
ces millions d’êtres à venir

pour leur dire
qu’ils sont les maillons
de ce qui nous retient
dans la chaîne des jours rugueux
et dans les ruines
peu à peu

Ce qui aussi
inscrivant ces repères
les retenant

ce qui
sans eux
mourant s’effacerait ?

* * *

Le silence à la nuit
éloigne les nuées

Assomption pourtant sans ferveur
qui rejette la terre
à son opacité

L’esprit
qui veille sous la lampe
cherche vers quel néant
restera un peu de lumière

Sa vêture
et son poids de chair
désespèrent les ailes de l’ange
que la rêverie d’abord
lui donnait

Nous reste malgré l’ombre
qui descend sur les tuiles des toits
ce ciel d’étoiles sombres

comme l’espérance
qu’après la nuit viendra un autre jour
et que quelque soleil pourra
en se levant

aiguiser
de nouveau pour nous
les couteaux de l’aurore

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