La source, le poème

Textes de Michel Diaz, gravures sur bois de Lionel Balard, édition courante, éditions Les Cahiers des passerelles, mars 2021

Gravure sur bois de Lionel Balard

Extraits du texte :

frondes vert pâle des fougères, flammes jaunes des iris d’eau

suintement de source avare, bégayant dans son cercle de pierres, un ruisselet aveugle, ses errements dans l’herbe, tâtonnant parmi les orties, le détour d’un temps suspendu

un instant de la vie qui se rêve, de l’instant qui s’écrit

le risque d’une unique voix que personne ne peut entendre

* * *

née du roc et soustraite à la nuit

verte et sombre sous la voûte des arbres, taraudant ce retrait de jour seulement habité du discours invisible des passereaux

déjà s’éclaire d’un scintillement parjure, glisse, s’avance dans l’entaille, à peine une échancrure dans la terre, une pincée de sable pauvre pour quelques poignées de gravier

son murmure de clair silence, un défi à la langue des hommes

– retenir la respiration, de crainte d’éloigner ce qui se joue, fugace, entre les lèvres de la pierre et dans l’entrelacs des racines

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