Note de lecture de Jean-Louis Bernard, à paraître in Diérèse ....
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Plus rien que le blanc dans la nuit
Lecture de Jean-Louis Bernard, à paraître in Diérèse N° 97
Plus rien que le blanc dans la nuit
Note de lecture de Marie-Christine Guidon
PLUS RIEN QUE LE BLANC DANS LA NUIT
de Michel DIAZ
Linogravures de Pierre Jourde
« parfois, lorsque la lampe est allumée et qu’advient l’écriture, la maison devient phare, porteuse d’images de mer, soumise à l’incessant charroi des vagues »… c’est par ces mots que débute l’hommage en prose poétique de Michel Diaz à « L’ami Julien Bosc, poète et éditeur, né en 1964 et mort le 24 septembre 2018 ».
Michel Diaz prête sa plume pour prolonger celle de l’ami qui n’est plus là « il dit je sais je crois j’espère » « je ne suis que ce cœur qui coule, ne surnageant qu’entre les doigts de la lampe ». On mesure tout le combat d’un homme « dans la nuit qui nage s’engloutit resurgit », qui tente de ne pas sombrer, émergeant tel un « rocher solitaire » que guette le « tourment de la vague ». Il implore un salut, ne sachant plus de quel côté l’espérer « je ne tolère plus une lutte qui s’annulerait avant terme ».
À marcher sur un chemin de lucidité crue, « on se cogne à sa solitude, on bute sur ses pierres mortes, on s’écorche aux ronces, et le but à mesure s’éloigne ». Chaque tentative d’approcher un possible horizon semble vaine. Toute lueur qui permet de guider les pas devenus incertains, se révèle bienvenue. Trouver encore du sens dans ce rien de souffle qui subsiste, « continuer d’avancer, poursuivre le chemin », même si les repères familiers, d’ordinaire si bien dessinés deviennent « pays d’indécises clartés », « ruines sur lesquelles on marche, comme l’on marche sur les bords du monde », frontière entre le présent et l’inconnu, « hasardeuse traversée » qui donne à imaginer parfois quelques éphémères éclaircies, des « miracles de fleurs ».
Du passage, dont le mystère nous échappe, demeurera la trace, dans le poème peut-être, dans le non dit, dans le silence et « par-delà le silence même ». Plus rien que le blanc dans la nuit devient écho de ce qu’il reste quand les mots ne suffisent plus à exprimer l’essentiel. La nuit devient page blanche, expérience presque mystique, mise à nu sans aucun fard… Michel Diaz, de son verbe poignant, « fait corps avec la nuit, une nuit qui, clarté dense dans l’insomnie » nous ouvre « une autre dimension du monde » à laquelle on consent si l’on côtoie l’obscur, conscient de la réalité humainement nôtre et qui conduit inéluctablement à glisser vers l’ultime silence « dans le vide du temps comme une plume libérée des ailes d’un oiseau ».
Dans l’étrange silence, malgré l’obscurité qui s’installe, « l’on devine la forme estompée de ce qui peut n’être qu’un cri ». L’écriture, demeure alors cette « langue à hauteur d’effroi » et le poème continue d’exister, précieuse veilleuse pour ne pas se perdre sur le chemin de « l’imprévisible au-delà »…
Nous pourrions dire une forêt
Ou le bord de la mer
Ou la mer
Ou la nuit de la mer la nuit de la forêt
Ou les mois sans pluie les feuilles sèches sous les pieds
Ou les brisures de coquillages
Ou rien
Ou cette porte repeinte couleur ciel quand il est à l’orage
Ou n’être plus là
Ou plus rien plus un mot plus rien que le blanc dans la nuit.
Julien Bosc, Le coucou chante contre mon cœur
Contact : Les Cahiers des Passerelles
3, rue des foisses
63170 AUBIÈRE
Marie-Christine GUIDON
mcguidon@gmail.com
Plus rien que le blanc dans la nuit
Note de lecture de Jean-Pierre Boulic
Michel DIAZ
Plus rien que le blanc dans la nuit
Linogravures de Pierre Jourde
Cahier des Passerelles n° 50 (2026)
Note de lecture à paraître in Poésie sur Seine
L’art poétique de Michel Diaz s’est récemment exprimé à partir de rencontres qui mettent en émoi la sensibilité de l’homme. Il en était ainsi précédemment, à titre d’exemples, avec le peintre Francis Bacon et son autoportrait ou encore Léon Bralda dans un riche et puissant dialogue « Au risque de la lumière ». Peut-être est-ce là une manière d’approfondir cette quête indispensable que chacun peut mener vers l’essentiel…
L’opus « Plus rien que le blanc dans la nuit », qu’il nous confie maintenant, vient enrichir cette source d’inspiration : un poème de feu Julien Bosc (poète à redécouvrir) lui offre une opportune méditation en prose poétique sur la raison de l’écriture dans une aventure humaine confrontée à tous ses aléas. Elle insiste sur la responsabilité du poète : si en écoutant Julien Bosc « rien n’a été dit », Diaz pense justement alors que « nous avons tout à retrouver, par-delà le silence même ». Cela prouve que nous ne sommes pas confrontés au néant, mais peut-être au vide de la solitude, de l’exil voire de l’enferment sur soi, et aussi à « ce creusement dans la présence au monde ».
Sans faire abstraction du « désastre en soi », il y a à chercher le « pays d’indécises clartés » et, comme pouvait l’écrire Gérard Bocholier « sans répit, continuer pour tenter d’atteindre – un jour ? – ce qu’on ne voit pas » (Les nuages de l’âme). Avec Michel Diaz, toujours advient l’écriture et « sur la pierre angulaire de la parole » se bâtit « une autre dimension du monde » simplement éclairée du soleil de la vie.
L’itinéraire est difficile, parfois accidenté ou semé d’échecs, mais toute existence est unique et, à ce titre, mérite d’être reconnue, comme doit l’être celle de Julien Bosc. Michel Diaz éclaire et donne sens à un parcours humain tout en livrant une réflexion sur la naissance du poème et son expression.
Les gravures de Pierre Jourde, qui accompagnent le poème, donnent l’impression de s’incruster dans le noir et blanc de la page, autrement dit d’incarner le texte du poète.
Jean-Pierre Boulic
Embrasures
Pour maintenir ouverte l’embrasure, postface de Michel Lamart à Embrasures (éd. Le Taillis Pré, avril 2026)
Pour maintenir ouverte l’embrasure…
Il existe des réalités ici-bas qui sont comme des
issues sur l’inconnu, par où la sortie de la pensée semble
possible, et où l’hypothèse se précipite. La conjecture
a son compelle intrare. Si l’on passe en certains lieux et
devant certains objets, on ne peut faire autrement que
de s’arrêter en proie aux songes, et de laisser son esprit
s’avancer là-dedans. Il y a dans l’invisible d’obscures
portes entrebâillées.
Victor Hugo, L’Homme qui rit
Première partie, L’arbre d’invention humaine
Le projet de ce livre (long poème, méditation poé
tique, essai ?) de « haulte gresse », au genre littéraire indé
terminé – et c’est tant mieux ! –, s’affiche dès son seuil :
dire le monde, ou, plutôt, sa rumeur ? Certes ! Mais
« dans une langue unique et simple où l’esprit de l’uni
versel se serait par bonheur invité ». Ce « par bonheur »
(i.e. chance, bénédiction, faveur) pourrait fort bien se
lire : « pour le bonheur universel ». Cette précision quasi
biblique (allusion transparente à la Babel originelle : « La
terre n’avait alors qu’une seule langue et qu’une même
manière de parler 1. ») qui sert de pacte de lecture signale
une intention où la Parole prend, d’emblée, le dessus sur
- Ancien Testament, Genèse, chapitre xi, 1.
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l’autorité auctoriale. Point d’hermétisme mallarméen (ou
autre !) ici, mais, plutôt, un dépouillement qui court
circuite le lyrisme de notre extrême contemporain au
jeunisme revendiqué. Et, surtout, un souci de partage
propice au souverain bien souhaité par le poète. Presque
une déclaration de guerre, en somme, à la sinistrose, au
désenchantement, à la maladie chronique de l’indivi
dualisme encouragé par le Tout-État-Numérique. Mais,
également, la ferme condamnation du pessimisme noir
de notre civilisation qui, non contente de savoir, après
Valéry, qu’elle est mortelle, attend le coup de grâce final
dans un affrontement général, nucléarisé… Le thème de
la formule semble alors glisser de la langue vers un bon
heur porteur d’espoir fou au milieu du chaos. Voilà pour
le programme. Il appartient au poème d’en étoffer le pré
dicat et de démontrer le bien-fondé d’une utopie visant
le rapprochement ontologique des hommes.
Plus question, en tout cas, d’« habiter poétiquement
le monde » comme le voulait Hölderlin il y a tout juste
deux cents ans. Trop d’horreurs fomentées par les bour
reaux du Beau qui, depuis, ont assassiné le Progrès, dis
sous dans le néant sa naïve croyance et, en échange, nous
ont inoculé la peur et le repliement sur soi. Divide et
impera. Les poètes d’aujourd’hui ont viré leur cuti. En
témoigne Michel Diaz, l’homme lumineux tel qu’en son
nom ressemble. Ce qu’il appelle « l’esprit de l’universel »
reprend à son compte ce que le xviiie siècle, éclairé par la
flamme de la raison, cherchait à imposer aux peuples : les
Lumières. Non celles du néon ou du led, mais celles de
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l’intelligence qui n’a que faire des artifices technologiques
du moment. C’est par la langue qu’elle se manifeste bril
lamment. Pour peu qu’on ne lui substitue pas, en lieu
de page, l’embrasure corrompue et restrictive d’un écran
censeur de la majeure partie du réel…
Certes, l’argument n’est pas nouveau et Marc Fumaroli,
dans Trois Institutions littéraires 2, le rappelle en ces termes :
le « génie de la langue française » est un lieu commun qui
se répète en écho, d’époque à époque. Il signale que
L’argument de l’universalité, titre de noblesse
retrouvée à la fin du xvie siècle, s’est imposé au xviiie
siècle comme un constat jubilatoire.
Observons, toutefois, que Michel Diaz n’invoque
dans son beau livre aucun « génie ». Cette hyperbole,
destinée à flatter l’orgueil national, est étrangère à son
propos. Il ne s’agit donc pas d’une référence savante dans
laquelle, par contamination de sens, l’ingenium emprunté
aux rhéteurs latins de la formule citée plus haut n’aurait,
ici, aucun droit de cité. Voltaire, dans son Dictionnaire
philosophique, lui attribue une « qualité de l’âme », vague
notion qu’il préfère nuancer en « raison ingénieuse ». Car
la raison éclaire et les embrasures de la post-modernité,
peu habituées aux lumières d’une conversation de plus
en plus indigente, ont grand besoin de s’abreuver à des
sources enfin revivifiées. En tout cas, à une clarté débar - Gallimard, Folio/Histoire, 1994.
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rassée de tous barbarismes, solécismes, clichés et autres
scories qui noient le poisson et mettent en péril l’authen
tique échange qu’autorisait l’art de la conversation de l’âge
classique et dont a hérité, faute de mieux, le roman. Non,
le vieux Boileau n’a pas tout faux (son conseil d’emboîter
le pas à Malherbe devrait nous parler : « Marchez donc
sur ses pas ; aimez sa pureté, / Et de son tour heureux imi
tez la clarté 3. ») ! Si Diaz parle de « bonheur », c’est parce
que, il le montrera ensuite, la langue est aussi un lieu, un
locus amoenus de partage d’un mieux vivre ensemble. Ce
à quoi nous aspirons tous, ce me semble…
Loin de se borner à repeindre le naufrage civilisa
tionnel aux couleurs déjà (dé)passées de notre extrême
contemporain, le poète se désole de la débâcle langagière
dans laquelle, vieux hussards défaits par l’Ère Numérique,
nous nous débattons : nous sommes
plus pauvres en parole qu’un rayon de lune…
n’ayant pour tout salut que ce langage mis à nu dans
son impossible saisie des choses.
De la Lumière de la raison à celle, funèbre, de la lune,
il n’y a qu’un pas vers l’inhumanité. Quelle décadence !
Le constat est sévère et sans appel. Une Bérézina de
l’âme ! Sévère, parce que le poème actuel (trop souvent
complaisant envers soi-même) ne nous a guère habitués
à condamner l’indigence du verbe contemporain. Au - Art poétique, Chant i.
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contraire ! Sans appel, parce qu’il fait écho au fameux pré
cepte camusien devenu cliché : « Mal nommer un objet,
c’est ajouter au malheur de ce monde 4. » Parain fait du
langage « une question métaphysique ». Il pose qu’ « Il
s’agit de savoir si notre langage est mensonge ou vérité ».
On le voit, cette question présente une pertinence et une
actualité confondantes dans le débat contemporain. Un
« vrai sujet » s’exclamerait le chœur journalistique récon
cilié. Michel Diaz prend le relais de celui qui ne fut jamais
étranger à l’esprit de révolte :
Il suffit que le langage soit privé de sens, dit
Camus suivant Parain, pour que tout le soit et que le
monde devienne absurde. Nous ne connaissons que
par les mots. Leur inefficacité démontrée, c’est notre
aveuglement définitif.
Avec cette différence : le champ politique ne sera pas
exploité dans les « embrasures » qui nous intéressent. En
tout cas, pas frontalement…
En effet, c’est moins le mieux dire que le comment
dire qui préoccupe notre poète. Tel est le degré zéro de sa
problématique. C’est-à-dire, le parti pris des mots, obses
sion de la modernité au moins depuis Mallarmé 5 jusqu’à - Extrait d’une recension, par l’auteur de L’Étranger, du dernier
livre de Brice Parain paru en 1944 dans la revue Poésie 44 et repris
dans Œuvres complètes, vol. i, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade,
p. 901-910.
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Ponge et au-delà. Michel Diaz reprend à son compte la
tradition du conflit archétypal mallarméen du « sol et de
la nue » – chez lui, les mots doivent tracer un sentier idéal
« que n’assombrirait aucun nuage ni aucun regret ». Il faut
leur demander « de nous rendre l’ombre plus hospitalière,
le jour plus accueillant et l’univers plus proche ».
Les mots, donc, seraient responsables de tous nos
maux ? Ce n’est pas aussi simple !
Le poème est ambivalent, à la fois « mémoire du
chemin » mais aussi « ligne de partage entre lumière et
ombre ». Le poète est un Sphinx tout autant suicidaire
que celui de la fable mythologique. L’homme ne choisit
pas le sentier de montagne (cévenole). C’est l’inverse ! À
la croisée des chemins, il pose l’éternelle énigme :
n’avons-nous pas d’autre origine que ce hasard qui
a fait naître d’autres hasards sur les lignes à demi
effacées d’une marelle où le pied d’un absurde dieu
pousse le palet de nos vies ?
Voilà réglée la question de la transcendance. Tout,
ici-bas, n’est que pur hasard. L’être humain, passif par
essence, ne perçoit du monde, par l’embrasure ouverte
« sur le temps imprenable » qu’un « spectacle d’ombres,
de feu et d’eau » qui nous remet « à notre juste place,
celle que le hasard peut-être aura choisi de foudroyer ». - cf. « Le Tombeau d’Edgar Poe », véritable apocalypse du verbe
poétique. Il s’agit de « Donner un sens plus pur aux mots de la tribu ».
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Retour à la caverne de Platon, et donc à la philosophie.
Seule certitude : le doute pascalien, un nouveau pyr
rhonisme. Poète et philosophe marchent main dans la
main, côtoient l’abîme. Pascal : « nous n’avons ni vrai ni
bien qu’en partie, et mêlé de mal et de faux 6. » La faute
aux mots pour Michel Diaz « souvent si vains », abîmés
dans une mémoire inopérante. Quant à la connaissance
(« nous avons longtemps cru… »), elle n’est souvent qu’il
lusion elle aussi. Dissipée, elle ne dévoile que le vide.
Le poète/philosophe enfonce le clou dans le cercueil
des certitudes. Il dresse un réquisitoire accablant quant
à la prétendue domination de l’espèce humaine sur le
monde. Nous n’avons « rien su tirer des à-coups de l’His
toire ». Le bonheur ? « Le prétexte d’un long suicide. » La
Terre n’a jamais tiré la leçon des siècles. Elle n’est pas le
« jardin des délices » qu’elle aurait pu/dû devenir. Notre
« règne » ? « Un discours en forme de noyade »… Échec
sur toute la ligne ! Tout nous pousse vers l’abîme. Nous
allons mourir. Alors soyons au moins humbles ! Si nous
voulons renaître, souvenons-nous que pour accéder à la
« vraie vie », notre présence au monde « ne se paie pas de
mots mais de présence », laquelle se suffit à elle-même.
La seule route possible est celle d’un poème où les mots
serviraient de « relais du silence au silence ». Ce poème
s’écrit dans la marche.
Michel Diaz tire le signal d’alarme dans cet ouvrage
nécessaire et courageux. Il développe une thèse quasi - Pensées, « Les philosophes », 385-905.
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militante dont l’urgence devrait convaincre les sourds,
charmés d’habitude par leur unique voix. La leçon d’une
Babel remise à l’ordre du jour – pour ne pas écrire « réin
ventée » (sic) ! Un engagement ! Nous nous sommes trom
pés. Nous avons cru dominer le monde. Nous l’avons
pillé. Un retour en arrière nous forcerait à renaître, à
vaincre la mort. Mais nous ne sommes pas Dieu comme
nous l’avons cru après l’avoir tué. Il est urgent de penser
poéthiquement grâce à une langue capable de reprendre la
Parole dans l’assourdissante « rumeur du monde ». D’ou
vrir les fenêtres, toutes les fenêtres, y compris celles qui
font écran, grâce aux mots redevenus « embrasures » de
l’âme. Et y laisser pénétrer la lumière…
Notre siècle qui se perd, en se déshonorant, dans des
guerres fratricides, tout juste bonnes à accroître la for
tune des marchands d’armes et des prétendus « Grands »,
a grand besoin de voix aussi puissantes et justes que celle
de Michel Diaz pour ranimer le Feu d’une Parole capable
de nous sauver de l’enfer que nous avons contribué, nous
mêmes, à créer au lieu de réaliser un « ailleurs » possible. Il
y a du Socrate chez ce poète.
Méditons l’héritage d’un Hugo. Au siècle du Progrès,
il a su, au péril de lui-même et non de sa gloriole, porter
haut les valeurs d’une humanité ressuscitée par des mots
enfin favorables à la vie et non ambassadeurs d’un dis
cours de mort…
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Parler, « apparemment la chose la plus facile du
monde » ? ironise Camus.
Vraiment ?
Michel Lamart