Vers l’étoile du soir – Michel Diaz/Jean-Michel Marchetti

Peut être une image de texte qui dit ’Michel Diaz & Jean- Michel Marchetti Vers l'étoile du soir Les Cahiers du Museur’
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Peinture de Jean-Michel Marchetti

Vers l’étoile du soir, textes de Michel Diaz, peintures de Jean-Michel Marchetti, éditions Les Cahiers du Museur, collection « Connivences », 2021 (13 ex.)

« Vers l’ étoile du soir », textes de Michel Diaz, illustrations de Jean-Michel Marchetti, éditions Les Cahiers du Museur, collection « Connivences » (2021), sous la direction d’ Alain Freixe. L’édition de cet ouvrage compte 4 tirages de tête signés et numérotés de I à IV enrichis d’une peinture de Jean-Michel Marchetti et d’un poème manuscrit par Michel Diaz, et 9 exemplaires en édition courante, numérotés de 1 à 9, format 21×15 cm, imprimé sur papier Moulin du coq grain torchon 325 gr.

Extrait du texte :

V. assis au bord du soir

dans l’herbier de ses jours, il a épinglé quelques feuilles de hêtre, déposées par le vent sur le seuil de sa porte, il a rangé sur sa poitrine un petit carré bleu de ciel et fourré dans sa poche quelques mots juste nés, de ceux-là qui guérissent du malentendu des murmures et battent délicieusement dans la chair de leur ombre, comme fait le délire ou la fièvre

assis au bord du soir, il écoute en silence craquer les articulations du temps et, à chaque seconde, s’affirmer un peu plus l’oxydation du monde, mais il a quelques mots enfoncés dans sa poche, venus du fond de la mémoire, de l’aube d’une langue cristalline, une langue perdue, oubliée, comme on a rejeté dans l’oubli les fragments d’un miroir brisé que l’on ne pourra jamais recoller

des mots pourtant bons à semer, mais sans espérance d’aucune récolte, sinon ce tremblement au bord des lèvres pour essayer de dire le duvet d’une lumière errante sur la joue de l’herbe ou la splendeur d’un champ de tournesols, et dire de leurs fleurs le moindre mouvement pour suivre, sans baisser la tête, le regard fixe qui les brûle

cela, il ne sait pas le dire, peut-être seulement l’écrire, peut-être seulement, comme on balaie les feuilles et ratisse le sable des lentes allées de l’automne

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