Lichen N° 27 (juin 2018)

Michel Diaz

Alep

À Salah Stétié, pour Alep, ville martyrisée, ce texte revenu à toi, mutilé, dépecé, recousu, de « L’autre côté brûlé du très pur »

 

rose, dis-tu,

très pure avec les eaux du cœur

autour de ton silence comme racines

prises dans des battements de nuit nocturne

 

traversée ô traversée d’un feu de terre

toutes étoiles sont profondes et brisées

sur les margelles de ces puits

brûlées de cendre

 

lumière de ces puits

dévorée par les nuits

en qui se forme l’éclat de rose

humide avec les larmes

comme est le cœur

au fond du puits du cœur

 

un grand pays avec des arbres et des perles

brûlé d’ombrages

ses colombes égorgées

sous des étoiles de fraîcheur dans la brûlure

                                 écorchées vives

                                 contre la joue des larmes

 

rose pure

qui fut si pure dans l’esprit

cœur cloué au soleil broussailleux

— le sang, tranché, ainsi que sein de femme

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