Lecture de « Le souffle du sacré », par Jean-Pierre Boulic.
Michel DIAZ – LE SOUFFLE DU SACRÉ
Peintures de Patrice DELORY
Postface de Claude Louis-Combet – (Éditions Unicité, 2026 – 127 p. 15€)
Nous avons déjà souligné, à propos de son recueil « Embrasures » (Éd. Le Taillis Pré, 2026), que la parole de Michel Diaz est vitale. Si elle emprunte aujourd’hui le chemin du visage dans « Le Souffle du sacré » en méditant les tableaux d’une surprenante exposition de Patrice Delory, c’est pour mieux appréhender encore le mystère de l’humain et en chercher « ce foyer de clarté autour duquel s’ordonne toute vie ».
Ici, on suit de puissantes variations sur le visage, aussi le regard, dans un « donner à voir […] l’autre lieu du sacré ». On devine ainsi la hauteur du projet, on s’en fait complice, surtout si l’on entend bien – ce qui est justifié dans le cas présent – le mot « sacré » comme le caractère qui révèle l’absolu. Et l’humain est bien ce qui est sacré.
Michel Diaz avance alors à pas lents, « tâtonnant dans tous les sentiers de moi-même », entre les visages de Delory, appréhendant « cette voix, dans les failles d’une présence où l’on peut lire à cœur offert », discernant les « lignes de tension entre perceptible et imperceptible » « ce qui, dans le réel confus du monde, a su trouver sa juste place et nous y faire signe » pour voir surgir, comme la source fraîche d’un matin neuf « la Parole vertigineuse et bienfaitrice » qui s’inscrit dans « la prise de conscience du temps limité de la vie ».
Un très grand poète, Jean-Claude Renard (1922-2002), qui a su cultiver et faire grandir son œuvre de ce souffle du sacré, écrivait qu’il reste que la grandeur de la poésie est de nous donner conscience des profondeurs, des correspondances et des voies d’accès de l’être. Et l’ouvrage de Diaz y participe. Le lecteur, contemplant chaque visage ici donné (chaque peinture porte un titre), pourra y inscrire son propre poème « dans l’espace clair de sa mise à nu ».
En postface, une copie de la lettre manuscrite de Claude-Louis Combet adressée à Patrice Delory se conclut en ces termes : « L’œuvre, exempte de toute vanité de démonstration, ne peut manquer de nous atteindre et de nous éveiller. » C’est bien ce que l’artiste et le poète nous donnent en partage.
Jean-Pierre Boulic