
Présentation de la revue Diérèse, publiée in Margelles N° … (2025)
Diérèse
Il n’est pas inintéressant de connaître la genèse d’une maison d’édition ou
d’une revue, car elle nous en dit parfois long sur l’esprit qui l’anime. Daniel
Martinez, qui en est le directeur/fondateur, s’en explique lui-même dans un
entretien (La Pierre et le sel, 2011) : « J’ai créé Diérèse depuis la cité du
Printemps (à Montreuil-sous-Bois) où j’habitais alors, le 21 mars 1998. Les trois
premiers numéros sont sortis directement de mon imprimante, les agrafes de
côté masquées par des réglettes de plastique noir. Le premier numéro comptait
20 pages et se terminait par une critique de « Larves et lémures » de Claude
Louis Combet, signée de ma main ; le second, avec ses 52 pages, s’achevait par
une référence à la saison (de parution), l’Eté, pour mémoire ». De livraison en
livraison, la revue devait s’étoffer, la bichromie fit son apparition en couverture
au numéro 9, Diérèse comptait alors 148 pages ; la quadrichromie, au numéro
10.»
Aujourd’hui, 27 ans après ces débuts, et depuis bien longtemps, Diérèse
se présente sous la forme d’un gros volume de 320 à 330 pages de poésie, prose
et notes de lecture. Généreuse tant en terme de quantité que pour ce qui est de la
qualité des contenus, la revue est publiée tous les quatre mois depuis 1998.
Quatre-vingt douze numéros ont paru à ce jour dont quatre (52/53, 46, 57,
59/60) ont été codirigés par Isabelle Lévesque. Cette dernière a en outre fait
partie du comité de rédaction pour les numéros 54 à 55, 58, 61 à 65.
Aujourd’hui, Daniel Martinez assure seul la direction et la rédaction de la
revue.
Mais une revue se singularise d’abord par sa ligne éditoriale, et Daniel
Martinez nous dit à ce propos : « […] il n’y a pas de thèmes imposés. Je ne vais
puiser qu’exceptionnellement du côté des avant-gardismes, qui me lassent
rapidement. Diérèse est plutôt un lieu littéraire où se rencontrent, un peu comme
au café, des gens connus ou inconnus et où l’on écoute celles et ceux à qui la
parole a été donnée. D’une part, je ne veux rien faire de ce qui a déjà été fait
(une revue qui serait un lieu de rencontre entre professeurs d’université par
exemple) et je tiens donc à ce métissage de la parole et des sujets abordés, aussi
divers que le cinéma, les artistes maudits, la contre-culture […]. » Et il précise,
plus loin : « Ma ligne éditoriale donc privilégie la lisibilité, le sens avant la
forme, avec quelques bémols pour la poésie du quotidien (comme on dirait « à la
petite semaine »). Pas de rejet du lyrisme non plus, mais de l’emphase oui, avec
en corollaire un a priori négatif pour la poésie minimaliste. »
Précédées d’un édito confié dans chaque numéro à un auteur différent, les
7 parties qui composent la revue reviennent invariablement dans le même ordre.
Ainsi y trouve-t-on successivement les sections : – Poésies du monde ; – Cahier 1,
cahier 2 (cahier 3 parfois) ; – Proses ;– Journaux ; – Focus ; – Bonnes feuilles.
Diérèse fait donc la part belle, dans la section Poésies du monde, à la
poésie internationale, et à la palette des traductions qui est des plus riches. Pour
preuve, les derniers numéros, par exemple, 90, 91, 92, introduisent dans les
domaines portugais, espagnol, anglais, allemand, grec, italien, des traductions de
poètes comme Nino Jùdice, J.M De Vasconcelos, Estela Puyuelo, Teresa Soto,
Dylan Thomas, Fritz Deppert, Peter Härtlhing, Reiner Kunze, Stamatis
Polenakis… Pour cela, Daniel Martinez s’entoure de traducteurs fidèles :
Raymond Farina (italien, grec), Jean-Paul Bota (portugais), Jean-Yves Cadoret
(anglais, américain, danois), Bruno Sourdin (anglais), Joël Vincent (allemand)
au principal…
Pour ce qui concerne les Cahiers (1, 2 ou 3), Daniel Martinez reçoit
directement 80 % des textes et adresse des demandes pour les 20 % restants
(auprès de Jacques Ancet, Alain Duault, Pascal Commère, Jacques Josse, Yves
Bergeret, Thierry Pérémarty, plus loin dans le temps Jean Rousselot, etc). Dans
ces pages ont été publiés, au fil des années, des auteurs connus, tels que Michel
Butor, Jean Rousselot, Henri Meschonnic, Pierre Dhainaut, Thierry Metz, Jean
Claude Pirotte, Eric Brogniet, Alain Fabre-Catalan, Paul Cabanel, Claude
Albarède, Isabelle Lévesque, Alain Duault, Max Alhau, Richard Rognet, Werner
Lambersy, Bernard Grasset, Gérard Le Gouic, Eric Chassefière, Jean-Louis
Bernard, pour n’en citer que quelques-uns parmi une très longue liste (que les
non cités me le pardonnent !)… et des auteurs moins connus, mais qui gagnent à
l’être.
Les Proses ont toute leur place dans la revue pourvu que la qualité de leur
écriture et leur contenu répondent à l’esprit de la ligne éditoriale. Bernard
Pignero y est souvent convié, mais on y rencontre aussi Michel Lamart, Eric
Barbier, Chantal Danjou…
Pour les Journaux, Daniel Martinez n’en fait la demande qu’à Pierre
Bergounioux, mais ce sont les autres participants qui envoient leurs textes.
Enfin, pour les Bonnes feuilles, qui réunissent les recensions d’ouvrages récents,
les chroniqueurs, souvent les mêmes, piliers de la revue, ce sont aussi bien
Gilles Lades, que Pierre Dhainaut, Eric Chassefière, Gabriel Zimmermann,
Jean-Pierre Boulic, Gérard Bocholier, Jean-Louis Bernard, Eric Barbier, Sabine
Dewulf, Michel Diaz, Pierre Tanguy, Edith Masson…
Terminons par ces mots de Daniel Martinez lui-même : « La poésie est
vitale, elle entretisse les souffles divers et jamais tout à fait circonscrits qui nous
parcourent, elle est la langue de nos sens et de nos pensées sans cesse en
alerte. » Telle est la mission que remplit passionnément Diérèse.
Michel Diaz

Bonjour,
Je voudrais vous envoyer un manuscrit intitulé « Carnets cinéphiles » ; il s’agit de poèmes sur le thème du cinéma.
Cela vous intéresse-t-il ?
Je vous remercie pour votre réponse
Cordialement