Lignes de crête / Comme un chemin qui s’ouvre – Arpa N° 127, sept. 2019

Note de lecture, par Gérard Bocholier, publiée dans le N° 127 de la revue Arpa, sept. 2019.

Michel Diaz, Lignes de crête (Alcyone), Comme un chemin qui s’ouvre (L’Amourier)

Les deux derniers livres de Michel Diaz sont à l’image de leurs titres : Comme un chemin qui s’ouvre (L’Amourier), sur Lignes de crête (Alcyone). Le poète y interroge le silence, « un silence qui vibre / comme écho du destin / qui prend appui sur ce que l’ombre / cèle de possible clarté. » Il ne cesse de scruter l’énigme, de lui arracher quelques lambeaux de réponse, en continuant cette marche qui ne cessera qu’au dernier souffle :

« Marcher, te disais-tu, non pour passer sur l’arche des pensées, ce pont tendu, vers l’autre rive de toi-même. Mais juste pour laisser, derrière soi, les ruines de la nuit et ses monceaux d’opaque confondus dans le sel des décombres. »

Ces deux recueils sont étroitement associés à la longue marche, pratiquée comme mode de vie, de pensée, d’écriture, qui permet au poète de prendre le temps de la méditation, d’y poser les questions de notre relation au monde, aux autres et à soi-même, et du sens de nos existences :

« aller / suivant sa ligne d’équilibre // dans l’épure de sa présence / aiguisée au silence des heures / cette lente quête établie / dans son seul mouvement // présence au monde / souveraine et vaine / qui n’a ni centre ni périphérie / ni gouffre ni lisière »

Marche méditative, mais toujours attentive aux êtres et aux choses, comme attentive aussi à ce qui « apparaît parfois dans les clairs de jour / et n’a jamais de cesse », écriture vouée à dire « la fragilité des choses / que l’on approche avec douceur / mais sans rien en savoir », quête de l’impossible sens puisque « derrière le silence / ce qui compte est ce qui est sans mots / où appuyer sa voix. »

La poésie de Michel Diaz, qui scrute le mystère que nous sommes à nous-mêmes et de notre présence au monde, est de celles qui nous donne raison de nous tenir debout, de continuer d’avancer vers ce qui « est pourtant là / devant / toujours ».

Gérard Bocholier 

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