A propos des peintures de Lena Nikcevic

Le texte complet de cette chronique est à paraître, avec une traduction en allemand dans un catalogue d’artiste.

Images de l’éternel fleuve

Lena Nikcevic, dans ses tableaux, ne sépare presque jamais la nature de l’homme, qu’il soit (souvent) seul dans le paysage ou représenté dans un rapport ambivalent avec le monde urbain moderne et ses architectures industrielles. La relation qu’elle établit entre eux, pose de façon essentielle la question de notre présence dans un contexte idéologico-politique où il est devenu urgent de revisiter nos valeurs en remettant en cause celles qui ont rendu notre monde si mal habitable.

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Le monde, ici représenté, n’est pas chaos d’avant la création, confusion et désordre de la nuit originelle et océanique, mais rien qu’ordre des choses, provisoirement immobile, temps tendu et fragile comme une tige d’herbe, tendant vers le zéro de l’existence mais qui chercherait cependant, souffle en suspens, muscles en veille, à se régénérer, à retrouver haleine et à reprendre rythme.

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Est-ce ici, dans ces lieux de vie suspendue, que s’opère la régénérescence du temps ? Dans cette coupure du temps et de l’être en proie au néant, du temps aboli par l’abîme dont seul le feu secret des sèves qui couve, souterrain, dans les racines et circule déjà dans les branches, assurera la continuité, le futur recommencement du monde ?

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Les peintures de Lena Nikcevic, ne nous disent pas autre chose que l’accueil : « Bonjour la terre, nous disent-elles, et le monde qui viennent droit devant ». Cette terre, on l’entendra comme on le voudra/ ou pourra, de celle des marins où reprendre pied à celle de la tombe où perdre pied, ou bien encore celle dont parlait Hölderlin, « mère de toutes choses ».

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Michel Diaz, 23/11/2022

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